Archive dans mars 2020

vSphere avec Kubernetes

VMware vSphere with Kubernetes connu sous le nom de projet Pacific a été annoncé à VMworld US 2019. Il fait partie des nombreuses nouvelles fonctionnalités de vSphere 7. Au moment de la rédaction de cet article il est encore en Beta mais j’ai eu l’occasion de l’installer à plusieurs reprises et de faire une dizaine démonstration internes et à des clients. Le retour des profils administrateur d’infrastructure et des profils de développeur sont positifs, la solution est bien accueillie et ils y trouvent une vraie valeur ajoutée dans leur métier respectif.

Le message de valeur mis en avant par VMware est la faculté à l’hyperviseur d’héberger nativement des pods kubernetes et des VMs proposant ainsi une plate-forme unique. Les hyperviseurs vSphere forment un cluster Kubernetes où ils jouent le rôle de worker node Kubernetes (serveurs qui exécutent les pods applicatif). Le control plane est quant à lui sous forme de VMs. Aucune compétence Kubernetes n’est requise pour l’administrateur vSphere, tout est intégré et configuré automatiquement. Pour avoir installé plusieurs fois Kubernetes, je peux vous dire qu’avoir une plate-forme prête à l’emploi est un vrai gain de temps au moment de l’installation et lors du maintien en condition opérationnel.

 

C’est vrai qu’héberger nativement des pods Kubernetes c’est une innovation unique mais personnellement, je me mettrai plutôt en avant la capacité de cette plate-forme à provisionner des cluster Kubernetes à la demande en une seule ligne de commande kubectl et ce directement par le développeur. Il pourra aussi bénéficier toujours via la commande kubectl des services de loadblancer, de volumes de stockage persistants, de réseau et des règles de sécurité et ce sans avoir à configurer quoique ce soit. D’autres fonctionnalité comme la création de VM ou de services applicatifs lui seront aussi offertes.

 

vSphere with Kubernetes peut être divisé en deux parties logiques, l’une pour la partie infrastructure et l’autre pour la partie développement (Namespace et Managed Cluster). La partie infrastructure est gérée par l’administrateur vSphere avec ses outils habituels et l’autre par le développeur ou encore par le DevOps avec ses APIs ou la commande habituelle kubectl.

 

 

 

 

L’administrateur vSphere créé des Namespace via son interface habituelle, il autorise quelles sont les personnes qui auront le droit de consommer ces Namespace, indique quelle classe de stockage à utiliser et si besoin, affecte des quotas aux ressources mémoire, CPU et stockage. Ca prend à tout casser 2 minutes. Une fois cette opération terminée, le Namespace est prêt à consommer. Le Namespace apparait automatiquement comme projet dans la registry privée Harbor ainsi que les utilisateurs associés.

Le développeur se connecte au Namespace et peut immédiatement y déployer des Pods Kubernetes.

kubectl vsphere login –server 10.40.14.33 -u devops@vsphere.local –insecure-skip-tls-verify

S’il le souhaite, il peut aussi y créer lui-même d’autres cluster Kubernetes via la commande Kubernetes kubectl apply, s’il veut par exemple une version de cluster différente :

$ cat CreateCluster-guest.yaml
apiVersion: run.tanzu.vmware.com/v1alpha1
kind: TanzuKubernetesCluster
metadata:
  name: l-oeil-du-se
  namespace: projets
spec:
  topology:
    controlPlane:
      count: 1
      class: guaranteed-xsmall
      storageClass: projectpacific-storage-policy
    workers:
      count: 2
      class: guaranteed-xsmall
      storageClass: projectpacific-storage-policy
  distribution:
    version: v1.16.8
  settings:
    network:
      cni:
        name: calico
      services:
        cidrBlocks: [“10.43.0.0/16”]
      pods:
        cidrBlocks: [“10.44.0.0/16”]

Ces clusters apparaissent aussi dans l’interface graphique de l’administrateur vSphere

 

Et aussi en ligne de commande

$ kubectl get TanzuKenertesCluster
NAME         CONTROL PLANE WORKER DISTRIBUTION                  AGE
l-oeil-du-se 1             2     v1.16.8+vmware.1-tkg.3.60d2ffd 5m

 

Le développeur peut faire évoluer la taille de son cluster en modifiant le nombre de master et/ou de worker directement en changeant la configuration de son cluster via la commande kubectl.

$ kubectl get TanzuKerbernetesCluster
NAME          CONTROL PLANE WORKER DISTRIBUTION                   AGE
l-oeil-du-se  1             3      v1.16.8+vmware.1-tkg.3.60d2ffd 109m

 

Les pods, les volumes persistants, les network policy et les services sont directement visible par l’interface vSphere :

 

En résumé, vSphere with Kubernetes (Projet Pacific) est une plate-forme permettant d’héberger nativement des pods (containers) kubernetes, des VMs et des clusters Kubernetes à la demande, offrant ainsi la possibilité de concilier les exigences de sécurité, de performance, de résilience et d’évolutivité souhaitée par l’administrateur de l’infrastructure et les exigences d’agilité, de rapidité et de simplicité souhaitée par le développeur. Cette plate-forme peut héberger une application complète même si elle est composée de VM et de containers. Les investissements en terme financier et de compétence sur la plate-forme vSphere sont ainsi pérennisés.

Les développeurs et les administrateurs continuent à utiliser leurs outils habituels avec lesquels ils sont à l’aise tout en travaillant sur une même plate-forme.

Cette plate-forme unique évolue en fonction des besoins en VM et en container. Les développeurs bénéficient de l’automatisation, de l’agilité et la souplesse qu’ils trouvent sur le cloud public et les administrateurs n’ont pas à gérer la complexité de gestion du cycle de vie inhérente à Kubernetes. C’est du Kubernetes as a Service intégrant les services de loadbalancing, de volumes persistants, de réseau et de sécurité.